En 2023, les douleurs mystérieuses de Marie Wiederschein l’ont entraînée dans une longue errance médicale en Allemagne. Son parcours éclaire ces signaux discrets qui peuvent annoncer un cancer du poumon.
En 2023, Marie Wiederschein ne tient presque plus debout. Cette Allemande souffre de douleurs intenses, impossibles à situer clairement, qui s’aggravent de semaine en semaine. Après de multiples consultations, un bilan sanguin puis une IRM finissent par révéler la cause : un cancer du poumon déjà métastasé. Son histoire, racontée au quotidien régional Berliner Morgenpost dans un article daté du 9 juillet 2025, pose une question concrète : quand une douleur doit-elle faire penser à ce type de cancer ?
Les médecins rencontrés par Marie ont d’abord évoqué le stress ou une souffrance psychologique, repoussant l’hypothèse somatique. Beaucoup de personnes se reconnaissent dans cette minimisation. Pourtant, certaines douleurs persistantes, surtout si elles s’accompagnent d’autres signes, peuvent être un signal d’alerte. L’enjeu est de trouver l’équilibre entre ne pas paniquer au moindre tiraillement et ne pas laisser une errance diagnostique se prolonger.
Douleurs inexpliquées : le signal d’alerte de Marie
Dans son témoignage, Marie décrit "des douleurs fortes qu’elle ne pouvait pas classer". "Mon niveau de souffrance était assez élevé", confie-t-elle, citée par le journal. "J’avais déjà derrière moi une odyssée de visites chez les médecins. Beaucoup pensaient que je souffrais d’une maladie psychosomatique. On m’a même demandé si j’étais stressée ou malheureuse en amour". Elle ne soupçonnait pas du tout un cancer derrière ces symptômes déroutants.
Le tournant survient lorsque des examens plus poussés sont décidés : une prise de sang, puis une IRM, montrent qu’il s’agit d’un cancer du poumon métastatique. Pour la plupart des gens, ce diagnostic est un choc. Marie, elle, parle d’une forme de soulagement, car la souffrance "avait enfin une explication". Elle suit depuis un traitement qui lui permet de vivre avec la maladie presque sans effets secondaires, explique-t-elle, même si son histoire rappelle que des douleurs banalisées peuvent parfois cacher une pathologie grave.
Douleur et cancer du poumon : un symptôme trompeur
L’Institut national du cancer, sur son site cancer.fr mis à jour le 27 mars 2026, rappelle que le cancer du poumon provoque souvent des symptômes tardifs et peu spécifiques. Parmi eux, des douleurs thoraciques, un "point de côté" persistant ou une douleur d’épaule pouvant faire penser à un simple rhumatisme. Une phrase clé des spécialistes : la maladie peut rester silencieuse longtemps, puis se manifester par des signes qui ressemblent à des problèmes beaucoup plus courants.
Les douleurs ne viennent pas seulement de la tumeur dans le poumon. Quand le cancer envoie des métastases vers les os, le cerveau ou le foie, il peut provoquer des douleurs osseuses, des maux de tête inhabituels, voire des troubles neurologiques, détaille la Fondation européenne du poumon. Là encore, rien de typique au premier regard. C’est ce caractère trompeur qui rend la vigilance difficile : on pense à un muscle froissé, à l’âge, au stress, pas forcément à un cancer.
Quand une douleur doit faire consulter et comment se fait le diagnostic
Selon l’Assurance Maladie (ameli.fr), une douleur isolée a souvent une origine bénigne, mais certains signaux justifient une consultation rapide, surtout chez les fumeurs ou ex-fumeurs. Une évaluation médicale est recommandée si la douleur persiste plusieurs semaines ou s’aggrave, ou si elle s’associe à d’autres symptômes comme :
- une toux qui ne passe pas ou qui change d’aspect ;
- des crachats avec du sang ;
- un essoufflement nouveau ou qui progresse ;
- une fatigue marquée, une perte de poids involontaire ;
- une voix enrouée, des infections respiratoires à répétition.
Pour rechercher un cancer du poumon, le médecin commence souvent par une radiographie, puis un scanner ou TDM du thorax, indique la Fondation européenne du poumon. L’IRM peut compléter le bilan pour vérifier l’extension, notamment cérébrale. La confirmation passe ensuite par une biopsie de la lésion, fréquemment réalisée lors d’une fibroscopie bronchique, rappelle l’Assurance Maladie. Une prise de sang, comme dans l’histoire de Marie, aide à orienter le bilan, mais ne suffit jamais à poser le diagnostic. Face à une douleur qui ne ressemble pas à d’habitude, l’enjeu est moins de s’auto-diagnostiquer que d’en parler tôt à un professionnel pour éviter que le temps joue contre soi.
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